Premiers signataires

IARHH International Association for Research in Hospital Hygiene.
SWC, Simon Wiesenthal Center Europe
EUNET European Network forEducation and Training
FEDE, Federation for Education in Europe
FECRIS Federation of Research and Information Centers on Sectarianism
FIHUAT International Federation for Housing and Planning
ICJW, International Council of Jewish Women
LICRA International League Against Racism and Anti-Semitism
OENDDF European Observatory for Non-Discrimination and Fundamental Rights
UWE University Women of Europe

Notre appel

Depuis le 24 février 2022, les troupes russes ont, sur ordre du président Vladimir Poutine, envahi le territoire de l’Ukraine, État indépendant, en flagrante violation de la Charte des Nations Unies de 1945, du statut du Conseil de l'Europe et de la Convention européenne des droits de l'homme. Les forces armées russes mènent une « guerre totale » contre l’Ukraine, Etat souverain membre, comme la Russie, du Conseil de l'Europe et de l'Organisation des Nations Unies.

 

Cette guerre, avec son cortège de crimes, est menée contre le peuple ukrainien et ses autorités   légitimes,   démocratiquement   élues,   pour   faire   disparaître   ce   ferment de démocratie aux frontières de la Russie. L'armée russe procède à la destruction systématique des infrastructures civiles et militaires, entraînant la mort de nombreux civils, hommes et femmes, enfants et personnes fragilisées par l’âge ou le handicap, semant la terreur dans la population civile et poussant sur les routes pour échapper aux conséquences de la guerre près de deux millions de personnes.

 

Nous, représentants de la société civile organisée européenne, sommes conscients que l'avenir de l'Ukraine et celui de l'Europe sont liés et que nous devons être fermes et rester unis pour affronter cette agression inacceptable contre un peuple libre, pour faire cesser les combats et rétablir la paix.

 

Nous rappelons que la Cour européenne des droits de l'homme et la Cour internationale de justice ont toutes deux publié une mesure provisoire demandant à la Russie de s'abstenir de

toute attaque contre les civils et les institutions civiles, notamment les écoles, les hôpitaux et les véhicules d'urgence.

Nous encourageons et soutenons les efforts diplomatiques qui sont en cours afin de mettre un terme à cette agression contre un Etat souverain et sa population. Mais nous sommes également conscients que les négociations ne pourront aboutir à l’arrêt des combats et à la paix que si les Etats démocratiques et leurs peuples se donnent les moyens de modifier le rapport de force avec la Russie conduite par Vladimir Poutine.

 

Nous appelons en conséquence

les États membres de l'Union européenne

et du Conseil de l’Europe :

  •  À poursuivre les efforts visant à supprimer l'accès de la Russie aux avantages des échanges   internationaux   sous   toutes   leurs   formes,   qu'ils   soient   diplomatiques, économiques, financiers, sportifs, culturels, éducatifs ou scientifiques.
  • À  renforcer  les  sanctions  personnelles  contre  Vladimir  Poutine  et  l'ensemble  de  ses soutiens politiques et économiques, en Russie et aussi hors de Russie.
  • À cibler de façon déterminée la détention hors de Russie de leurs actifs illicites de toute nature afin d’engager les procédures judiciaires permettant la saisie de ces avoirs visés par les sanctions décidées par l’Union européenne, la Suisse et les États-Unis.
  • À  prendre  toutes  les  mesures  utiles  pour  garantir  la  sécurité  du  président  Zelensky, symbole de la résistance du peuple ukrainien contre l'agression russe.
  • À garantir la sécurité et la protection des véhicules de secours et des établissements de santé et des établissements médico-sociaux ainsi que de leurs personnels pour permettre la continuité des soins et de la prise en charge des malades et des blessés ainsi que la continuité de l'approvisionnement des produits et médicaments nécessaires à la santé des personnes en Ukraine, dans le respect des Conventions internationales, notamment la  Convention  de  Genève  relative  à  la  protection  des  personnes  civiles  en  temps  de guerre, la Déclaration universelle des droits de l'homme, la Convention européenne des droits de l'homme, la Charte sociale révisée du Conseil de l'Europe et les principes généraux défendus par la Cour internationale de justice (CIJ).
  • À préserver l'alimentation en énergie des structures sanitaires, en particulier pour faire face aux besoins vitaux des patients et des personnes vulnérables.
  • À instaurer des couloirs humanitaires et sanitaires vers des pays non belligérants permettant d'évacuer les civils, notamment les personnes dont la prise en charge ne pourrait plus être assurée de façon satisfaisante en Ukraine, et assurer la sécurité des personnels et des secouristes apportant leur aide dans les établissements sanitaires et médico-sociaux ukrainiens.
  • À organiser l’accueil sans discrimination des réfugiés en provenance d’Ukraine et assurer le  soutien  aux  organisations  non-gouvernementales  engagées  dans  l'accueil  de  ces réfugiés.
  •  À mettre en place, de façon temporaire, des écoles avec des enseignants ukrainiens, sur le territoire des Etats qui accueillent les réfugiés, afin de permettre aux enfants d’y poursuivre leurs études.
  • À garantir la sécurité des O.N.G. et de leurs personnels contre des cyber attaques parce qu’ils sont engagés dans la lutte contre l'agression russe en Ukraine et dans le soutien aux réfugiés.
  • À prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser la dépendance des Etats membres de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe à l'égard du gaz et du pétrole russes.
  • À mettre en place des mesures d'accompagnement pour les secteurs économiques et les populations les plus fragiles qui seront directement concernés par les conséquences des sanctions adoptées contre la Russie.

Nous appelons également les citoyens européens :

  • À maintenir et amplifier leurs actions de solidarité avec les réfugiés venant d’Ukraine mais aussi avec les citoyens russes, notamment les journalistes, qui bravent la violence  de  la  police  et  la  répression  judiciaire  pour  manifester  leur  opposition  à l’invasion de l’Ukraine.
  •  À boycotter les entreprises qui poursuivraient leur activité industrielle et commerciale en Russie.
  • À changer de banque, d’établissement financier ou de compagnie d’assurances, quand ceux-ci ne mettent pas un terme à leurs activités en Russie, ne ferment pas leurs agences et poursuivent leurs coopérations avec le secteur bancaire russe;
  • À  réduire  massivement  leur  consommation  personnelle  d'énergie  pour  aider  les gouvernements à prendre des mesures encore plus sévères contre la Russie.
  • À prendre contact avec les citoyens russes vivant sur le territoire européen afin de les engager à informer, par tous moyens, leurs familles restées en Russie sur la réalité du conflit.